Différenciation mésoclimatique des terroirs alsaciens et relation avec les paramètres du milieu naturel

L’influence des conditions climatiques sur le développement de la vigne et sur la qualité des vins n’est plus à démontrer que ce soit :
à l’échelle du vignoble, par les caractéristiques climatiques régionales, déterminant à cette échelle les potentialités viti-vinicoles (Huglin,1978 ; Branas,1946 ; Riou et al., 1994) ;
mais aussi à l’échelle locale, au niveau de l’unité terroir de base (Morlat, 1989), par la différenciation paysagère du milieu naturel induisant une variabilité climatique au sein d’un même vignoble, et expliquant en partie des différences de fonctionnement de la vigne, en liaison avec les processus de maturation et la qualité du vin (Becker, 1977 et 1984 ; Morlat, 1989 et Lebon, 1993a). D’après ces auteurs, la diversité climatique dans une région viticole constitue en plus de la composante édaphique, une composante importante de caractérisation des Unités de Terroir de Base (U.T.B.).
Plusieurs auteurs ont décrit la variabilité spatiale climatique (Choisnel, 1987 ; Godart, 1949). Suivant l’échelle d’investigation ils distinguent, le macroclimat ou climat régional, puis le topoclimat issu de la variabilité topographique et enfin le microclimat correspondant au climat de la plante à l’échelle de la parcelle. La notion de mésoclimat, ou climat local, est très proche du topoclimat. Elle désigne le climat issu de la différentiation spatiale du climat régional, induite par la variabilité du milieu naturel définissant le paysage (Scaeta, 1935 et Godart, 1949).
L’influence des paramètres topographiques ; plus précisément de la déclivité et de l’orientation de la pente sur le rayonnement solaire et sur la répartition des températures de l’air, ont fait l’objet de nombreux travaux (Seltzer, 1935 ; Godart, 1949 ; Nigond, 1968). Plus récemment, la prise en compte du type de temps (radiatif ou couvert) s’est avérée importante pour mieux analyser et comprendre les processus de différentiation thermique nocturne à l’échelle mésoclimatique (Geiger,1980 ; Endlicher, 1980 ; Paul, 1980). Erpicum en 1980, aboutit ainsi à une schématisation descriptive de la variabilité thermique nocturne dans deux milieux distincts de vallée et de plateau en Haute Belgique, selon les principaux types de temps régionaux.
A cette échelle d’investigation, le terme advectif est un paramètre important à prendre en compte. La ventilation dépend fortement de la quantité et de la hauteur des masques environnants. Ceux-ci peuvent être topographique, végétal ou anthropique (Guyot, 1963). Ainsi, l’analyse du paysage est nécessaire lors de la caractérisation intégrée des terroirs (Morlat, 1989 et Jacquet et al., 1995). Ces travaux définissent des descripteurs paysagers simples tels que par exemple l’Indice d’Ouverture du paysage (LO.P.), permettant de caractériser des différences mésoclimatiques et d’aboutir à une représentation cartographique du paysage (Lebon, 1993b).
A partir de la variabilité spatiale du rayonnement global, de la vitesse du vent et de la température de l’air enregistrée à l’échelle de l’U.T.B. du vignoble alsacien, la communication propose une hiérarchisation des paramètres du milieu paysager générant de telles différences climatiques.

Authors: V. DUMAS (1), E. LEBON (2), R. MORLAT (3)

(1) INRA Laboratoire d’Agronomie, Colmar
28, rue d’Henlisheim BP 507, 68021 Colmar cedex
(2) INRA/ENSAM, Laboratoire de G.A.P. Viticulture
2, place Viala,34060 Montpellier cedex
(3) INRA, U.R.V.V., Angers
42 rue Georges Morel, 49071 Beaucouzé

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