Terroir et variabilité microclimatique : pour une approche à l’échelle de la parcelle

La composante climatique est l’un des éléments du zonage des potentialités viticoles, à côté des composantes géologiques et pédologiques (Morlat, 1989 ; Lebon et al, 1993). De nombreux indices climatiques ont ainsi été définis pour estimer les potentialités de production viticoles à l’échelle d’une région ou d’un pays (Carbonneau et al., 1992). Les principales variables climatiques utilisées sont la température et le rayonnement. On retiendra notamment les indices de Branas, Huglin et Ribereau-Gayon (Huglin, 1986). Cependant, peu d’études ont été entreprises sur la variabilité spatiale des conditions microclimatiques à l’échelle d’un vignoble, d’une vallée, voire d’une commune.
Aujourd’hui devant la nécessité de pouvoir s’adapter à une évolution rapide des marchés et de la concurrence, il apparaît de plus en plus nécessaire de mieux connaître l’environnement pédoclimatique du vignoble. Un exemple caractéristique d’un effort dans ce sens est le zonage bioclimatique effectué sur le département de l’Aude (Jacquinet, 1989). Cette démarche, basée sur un réseau dense de postes météorologiques a permis de définir diverses zones climatiquement homogènes dans ce département. L’opération de zonage du vignoble champenois qui s’est mise en place depuis 1991 (Panigai et Langellier, 1992) comporte également une composante climatique, qui est d’autant plus cruciale que ce vignoble est à la limite nord de culture de la vigne. Cependant dans cette région où la vigne peut être cultivée sur des pentes fortes, il est nécessaire de se poser la question de la représentativité spatiale des mesures faites sur une station météorologique. En effet, du fait des différences de pente (qui dépassent fréquemment 10°, soit 17 %), d’exposition et d’altitude, les variables météorologiques peuvent varier fortement à quelques centaines de mètres de distance.
Afin d’analyser les composantes de la variabilité microclimatique au sein du vignoble, nous avons comparé la variabilité des conditions climatiques à l’échelle régionale et à l’échelle locale (parcelle de vigne). Notre démarche a consisté à comparer les données de deux réseaux d’observations météorologiques sur deux échelles d’espace différentes et complémentaires : le réseau météorologique du vignoble champenois dont l’objectif est d’estimer les variations mésoclimatiques à l’échelle de l’ensemble du vignoble champenois (zone de l’ordre de 1000 km2), et un réseau local installé sur la commune d’Aÿ (Marne, France) destiné à caractériser la variabilité microclimatique et les différences de développement de la vigne à l’échelle de l’unité de relief (1 km2). Nous avons également introduit une échelle intermédiaire, représentant une zone bien caractérisée physiquement, et que l’on pouvait penser a priori homogène : la vallée de la Marne. Nous nous sommes intéressés plus particulièrement à 3 variables : le rayonnement, le vent et la température, qui ont toutes une influence déterminante pour la croissance et le développement de la vigne.

Authors: P. CELLIER (1), F. LANGELLIER (2), O. BRUN (3), P. PERSONNIC (3), L. PANIGAI (2)

(1) INRA, Unité de Bioclimatologie, 78850 Thiverval-Grignon (France)
(2) CIVC, Services Techniques, 51200 Epernay (France)
(3) Mumm – Perrier-Jouët Vignobles et Recherches, 51200 Epernay (France)

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