Le zonage viticole en Italie. État actuel et perspectives futures

La recherche viticole a apporté depuis quelques dizaines d’années de nombreuses contributions qui ont permis de mieux connaître le comportement de la vigne ainsi que sa réponse aux conditionnements qui lui viennent de l’environnement et des pratiques agronomiques. Toutefois ces résultats n’ont été que rarement utilisés dans la gestion pratique des vignobles car les recherches ont été realisées à partir de modèles expérimentaux partiels où la réalité n’est représentée que par quelques facteurs qui sont parfois même complexifiés par l’introdution d’éléments étrangers à la situation existente et difficilement applicables à la production (cépages, modes de conduite, techniques de gestion, etc.). A ces raisons, on pourrait ajouter une faible vulgarisation des résultats obtenus, ainsi que la difficulté de mettre en oeuvre les contributions scientifiques, ce qui ne permet pas aux différents systèmes de production d’exprimer complètement leur potentiel. Cette limite de la recherche viticole ne pourra être dépassée que par la conception de projets intégrés conçus directement sur et pour le territoire. En effet, seule l’évaluation intégrée d’un agro-système viticole, réalisable à travers le zonage, permet de mesurer, voire d’attribuer à chaque élément du système le poids qu’il exerce sur la qualité du vin.
Le but du zonage est, en effet, de produire des informations dont l’application pratique à court et à long terme soit simple et possible. Dans cette optique, on peut donc préconiser différents niveaux de zonage qui font l’objet d’études d’étendue territoriale variable (Fregoni, 1995) s’appuyant ainsi sur des méthodes de recherche différentes (Falcetti, 1994).
Le premier niveau possible que l’on peut définir de micro-zonage conceme la dimension de l’exploitation (domaine). Ce zonage doit fournir un support au choix des techniques de gestion de l’entreprise les plus efficaces pour chaque situation (le choix du matériel végétal, la mise au point des plans de fertilisation, l’identification des techniques de gestion, etc.). Ce niveau de zonage, du fait d’être réalisé dans les limites d’un domaine n’a pas beaucoup de retombées sur le territoire. Une enquête realisée à ce niveau ne demande pas nécessairement des compétences institutionnelles (instituts de recherche, pouvoirs locaux, etc.) mais elle s’épuise dans le cadre d’un service de conseil technique privé (consulting).
On pourrait appeler méso-zonage, par contre, les travaux qui étudient des réalités productives-administratives telles qu’une appellation d’origine. Dans ce cas là, le zonage conceme un territoire dont la superficie n’est pas très étendue (de l’ordre de quelques centaines ou milliers d’hectares) et peut ainsi de ce fait utiliser des méthodes d’analyse très detaillées et performantes. Un autre avantage du méso-zonage est de faire référence à un interlocuteur bien défini dont le but est de privilégier le développement d’un territoire et de tous ses produits et non pas d’une seule exploitation. Les zonages réalisés à l’échelle du vignoble d’une cave coopérative, assez fréquents dans le panorama viticole italien, rentrent dans cette catégorie. Ces caves, si elles sont gérées de façon performante présentent deux avantages majeurs : d’un côté elles peuvent appliquer l’innovation technique tout comme les exploitations privées, et d’un autre côté, elles peuvent gérer le territoire de la même manière qu’un groupement de producteurs.
Le dernier niveau est celui de macro-zonages dont le but est d’étudier un contexte géographique plus vaste, depuis l’échelle d’une région jusqu’à la dimension communautaire (Riou, 1994). Les retombées pratiques de ces zonages ne sont pas faciles à identifier car ils sont plutôt destinés à étudier de façon très générale certains phénomènes conme la répartition d’un territoire en quelques zones homogènes sous l’angle climatique, ou la comparaison entre les comportements de quelques cépages dans des très différents milieux. Ce qui fait défaut dans l’application des résultats de telles recherches c’est la prise en compte détaillée de la variabilité du territoire qui est très importante dans le déterminisme des résultats oenologiques de chaque région.

Authors: M. FALCETTI (1), M. BOGONI (2), F. CAMPOSTRINl (1), A. SCIENZA (2)

(1) Dip. Produzione Agricola ed Agroalimentare
Istituto Agrario San Michele all’Adige (Trento)
(2) Istituto di Coltivazioni Arboree – Université di Milano

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